Mounjaro, perte de poids en 1 mois : le premier mois se joue à 2,5 mg, une dose de départ, et aucun essai ne publie de moyenne chiffrée à 4 semaines. Ce que l’on sait : dans SURMOUNT-1, 82 % des participants analysés avaient perdu au moins 5 % de leur poids à 12 semaines, soit un ordre de grandeur de 1,5 à 2 kg par mois pour 90 à 100 kg si la perte était régulière, ce qu’elle n’est jamais. Une partie des premiers kilos peut relever de l’eau, et votre courbe ne ressemblera pas exactement à celle de votre voisine.
Mounjaro : quelle perte de poids en 1 mois ?
Le premier mois de Mounjaro est un mois d’installation, pas un mois de résultat maximal : vous recevez quatre injections de 2,5 mg, la plus petite dose du traitement, et la perte de poids reste modeste et très variable. Les essais publient surtout des résultats à 72 semaines, pas à 4 semaines, donc tout chiffre « officiel » du premier mois que vous croisez ailleurs mérite d’être regardé de près.
Si vous cherchez le récit de ces quatre semaines, jour après jour, appétit, nausées, premières sensations, il existe déjà : votre premier mois sous Mounjaro, semaine par semaine. Cet article-ci répond à une autre question, celle des nombres : combien de kilos, quelle part est de l’eau, et dans quelle fourchette une perte de poids reste normale.
Pour situer l’échelle, voici le point d’arrivée. Dans SURMOUNT-1, publié dans le New England Journal of Medicine, 2 539 adultes en obésité ou en surpoids, pesant 104,8 kg en moyenne au départ, ont perdu en moyenne 15,0 %, 19,5 % ou 20,9 % de leur poids à 72 semaines selon la dose finale (5, 10 ou 15 mg), contre 3,1 % sous placebo. Le premier mois représente une très petite fraction de ce chemin.
Pourquoi la dose de départ de Mounjaro limite le premier mois
Le Mounjaro démarre toujours à 2,5 mg une fois par semaine pendant 4 semaines, avant de passer à 5 mg, puis d’augmenter par paliers de 2,5 mg, au minimum toutes les 4 semaines. Cette montée progressive est écrite dans le résumé des caractéristiques du produit européen ; elle vaut en France comme dans le reste de l’Union européenne.
La notice américaine du même médicament, vendu aux États-Unis sous le nom de Zepbound, est plus explicite sur le rôle de cette première dose : 2,5 mg est une dose d’initiation, non une dose d’entretien. Elle sert à laisser l’organisme s’habituer et à réduire les effets digestifs, pas à produire le résultat final. Dans SURMOUNT-1, la dose cible de 5 mg n’était atteinte qu’à la semaine 4, celle de 10 mg à la semaine 12 et celle de 15 mg à la semaine 20, selon l’analyse publiée par Ard et ses collègues.
La conséquence pratique est simple. Même chez les personnes qui répondent très bien au Mounjaro, le premier mois se déroule à la dose la plus faible et il n’est pas représentatif de la suite. Comparer votre balance de la semaine 4 à des moyennes à 6 mois ou à 1 an, c’est comparer un départ à une arrivée. Si vous voulez un cadre pour les mois suivants, nous avons détaillé la perte de poids moyenne observée dans les études cliniques.
Combien de kilos au bout d’un mois : un ordre de grandeur
Aucune des sources que nous avons ouvertes ne donne la perte de poids moyenne à 4 semaines sous Mounjaro : cette valeur existe sur les courbes des essais, mais pas dans leur texte. Nous ne l’inventons donc pas. Ce que l’on peut calculer honnêtement, c’est un ordre de grandeur à partir d’un chiffre publié : 82 % des participants analysés dans SURMOUNT-1 avaient perdu au moins 5 % de leur poids à 12 semaines.
| Poids de départ | 5 % du poids (seuil à 12 semaines) | Par mois, si la perte était régulière |
|---|---|---|
| 70 kg | environ 3,5 kg | environ 1,2 kg |
| 80 kg | environ 4 kg | environ 1,3 kg |
| 90 kg | environ 4,5 kg | environ 1,5 kg |
| 100 kg | environ 5 kg | environ 1,7 kg |
| 110 kg | environ 5,5 kg | environ 1,8 kg |
Lisez ce tableau comme une fourchette de repère, pas comme une promesse. La perte réelle n’est pas régulière : elle dépend de la dose, qui augmente à la semaine 5, de l’appétit, des semaines où les nausées coupent l’envie de manger, et de votre point de départ. Ces participants suivaient aussi un conseil diététique avec un déficit calorique de 500 kcal par jour et au moins 150 minutes d’activité par semaine, ce qui n’est pas forcément votre cas.
Eau, glycogène, masse grasse : que perd-on vraiment le premier mois ?
Quand on mange moins, les premiers kilos perdus ne sont pas que de la graisse : l’organisme puise dans son glycogène, une réserve de glucides stockée dans le foie et les muscles, et ce glycogène est retenu avec beaucoup d’eau. D’après Kreitzman et ses collègues, il est stocké avec trois à quatre parts d’eau, de sorte que sa mobilisation fait baisser la balance plus vite que la graisse seule.
Soyons précis sur la portée de cette donnée : elle vient d’un régime très hypocalorique de 4 jours chez 11 personnes, pas d’un essai sur le tirzépatide. Nous n’avons trouvé aucune étude qui mesure, au premier mois sous Mounjaro, la part exacte d’eau, de graisse et de muscle. Le mécanisme est plausible, puisque le traitement réduit ce que vous mangez, mais sa taille chez vous n’est pas chiffrable.
Pour la composition du poids perdu sur la durée, on a un repère solide. Dans une sous-étude de SURMOUNT-1 menée sur 160 participants, Look et ses collègues ont mesuré par absorptiométrie (DXA) qu’environ 75 % du poids perdu à 72 semaines était de la masse grasse et 25 % de la masse maigre. Cette proportion était la même dans le groupe placebo. Elle ne dit rien du premier mois, mais elle rappelle qu’une perte de poids n’est jamais de la graisse à 100 %.
- Semaines 1 à 2 : la balance peut bouger davantage que le tour de taille, en partie à cause de l’eau et du glycogène. C’est une hypothèse mécanistique, pas une mesure sous Mounjaro.
- Semaines 3 à 4 : la baisse devient plus régulière si l’appétit reste réduit, mais elle peut aussi stagner un temps, ce qui est fréquent à dose faible.
- Au-delà du premier mois : le poids perdu se compose d’environ trois quarts de graisse, d’après la sous-étude DXA, d’où l’intérêt de protéger vos muscles par l’alimentation et l’activité.
Pourquoi les résultats varient-ils autant d’une personne à l’autre ?
Parce que la réponse au Mounjaro est très individuelle : dans l’essai SURMOUNT-1, environ une personne sur cinq démarre lentement, sans que cela prédise l’échec du traitement, et les profils de départ comme la dose atteinte expliquent une partie des écarts. Dans l’analyse de Ard et ses collègues, 18 % des participants adhérents avaient perdu moins de 5 % de leur poids à 12 semaines, contre 82 % qui avaient dépassé ce seuil.
Ce démarrage lent n’est pas un échec. Parmi ces 278 participants « lents », 70 % avaient atteint au moins 5 % de perte à 24 semaines et 90 % à 72 semaines. Leur perte moyenne finale restait plus faible (11,0 % contre 22,5 % pour les répondeurs précoces), mais elle était cliniquement significative. Les auteurs en tirent que poursuivre au-delà de 12 semaines peut permettre à davantage de personnes d’atteindre un résultat utile.
L’analyse relève aussi des différences de profil. Les répondeurs lents comptaient plus d’hommes (45 % contre 30 %) et pesaient davantage au départ (110,2 kg contre 103,6 kg). Les auteurs avancent plusieurs explications possibles, dont l’exposition au médicament, plus faible à poids élevé, sans trancher. Une autre étude, celle de Kokkinos et ses collègues, a classé les participants selon leur perte à 8 semaines : la réponse précoce était associée à une perte plus grande à 72 semaines, avec une tolérance digestive comparable.
Retenez la lecture utile : un mois très lent ne prédit pas un échec, et un mois rapide ne garantit pas la suite. La dose atteinte, la durée, le sexe, le poids de départ, l’alimentation et la tolérance jouent tous. Pour savoir où vous vous situez au départ, vous pouvez calculer votre IMC et votre projection de perte de poids.
Ce qui est normal le premier mois, et ce qui ne l’est pas
Le premier mois de Mounjaro s’accompagne le plus souvent d’une perte discrète, d’un appétit réduit et d’effets digestifs, qui sont les effets indésirables dominants du traitement. Dans les essais regroupés cités par la notice américaine, des nausées étaient rapportées chez 25 % des personnes à 5 mg contre 8 % sous placebo, des diarrhées chez 19 % contre 8 %, de la constipation chez 17 % contre 5 %, et des vomissements chez 8 % contre 2 %. La majorité de ces épisodes survenaient pendant l’augmentation de dose et diminuaient avec le temps.
- Normal : une baisse de 0,5 à quelques kilos sur le mois, une balance qui oscille d’un jour à l’autre, un palier de quelques jours, des nausées légères qui se calment.
- À signaler à votre médecin ou pharmacien : aucune perte du tout après plusieurs semaines combinée à des effets gênants, des vomissements répétés, une diarrhée qui ne passe pas, ou l’impossibilité de boire. La notice indique que ces troubles peuvent entraîner une déshydratation et un retentissement sur les reins.
- Urgence : une douleur intense et persistante au ventre, avec ou sans vomissements, qui peut irradier dans le dos. La notice demande d’arrêter le médicament et de consulter, car il peut s’agir d’une pancréatite.
Un dernier point d’honnêteté : perdre peu le premier mois n’est pas, en soi, un signal d’alerte, et perdre beaucoup n’est pas, en soi, une bonne nouvelle. Si votre perte vous inquiète dans un sens ou dans l’autre, ne modifiez pas votre dose seul : parlez-en à la personne qui vous suit. Pour garder une trace objective plutôt que de vous fier à une seule pesée, l’application MounjaGO vous permet d’indiquer votre poids de référence, de noter vos pesées et de les voir sur un graphique.
Limites de ces données
Ces chiffres sont des moyennes d’essais cliniques, pas des promesses individuelles. SURMOUNT-1 a suivi des adultes sans diabète, avec un conseil diététique et d’activité physique encadré, ce qui ne reflète pas toujours la vraie vie. Les analyses sur la réponse précoce sont post hoc, c’est-à-dire menées après coup, et portent sur des participants qui prenaient au moins 75 % de leurs doses. Surtout, la perte moyenne à 4 semaines et la part d’eau sous Mounjaro ne figurent pas dans les sources que nous avons consultées ; l’ordre de grandeur donné ici est un calcul, pas une mesure.
Questions fréquentes
Combien de kilos perd-on le premier mois sous Mounjaro ?
Il n’existe pas de moyenne officielle publiée à 4 semaines. En ordre de grandeur, une perte d’au moins 5 % à 12 semaines, atteinte par 82 % des participants analysés de SURMOUNT-1, correspond à environ 1,5 à 2 kg par mois pour 90 à 100 kg si elle était régulière. La réalité varie beaucoup d’une personne à l’autre.
Est-ce normal de ne presque rien perdre le premier mois ?
Oui, cela arrive. Le premier mois se passe à 2,5 mg, une dose d’initiation. Dans SURMOUNT-1, 18 % des participants adhérents avaient perdu moins de 5 % à 12 semaines, et 90 % de ces derniers ont fini par dépasser 5 % à 72 semaines. Si rien ne bouge ou si vous vous inquiétez, parlez-en à votre médecin.
La perte du premier mois, c’est de l’eau ou de la graisse ?
Probablement un mélange. Le glycogène est stocké avec trois à quatre parts d’eau, et son utilisation fait baisser la balance au début d’une restriction alimentaire. Cette donnée vient d’un régime très hypocalorique, pas du Mounjaro : la répartition exacte sous traitement au premier mois n’a pas été mesurée dans les sources consultées.
Mounjaro, avant et après 1 mois : à quoi s’attendre sur les photos ?
À un changement discret. Avec quatre injections à 2,5 mg, les différences visibles sont généralement faibles, et le tour de taille ou la façon dont les vêtements tombent bougent souvent moins que la balance. Les comparaisons parlantes se font plutôt à 3, 6 ou 12 mois, quand la dose d’entretien est atteinte.
Faut-il augmenter la dose si je perds peu le premier mois ?
Non, pas de votre propre initiative. Le passage à 5 mg est prévu après 4 semaines, puis les augmentations suivantes se décident avec votre prescripteur selon votre réponse et votre tolérance. Ne modifiez jamais le rythme ou la dose seul.
Sources
- Jastreboff A. M. et al., Tirzepatide Once Weekly for the Treatment of Obesity (SURMOUNT-1), New England Journal of Medicine, 2022. PMID 35658024, consulté le .
- Ard J. et al., Weight reduction over time in tirzepatide-treated participants by early weight loss response: post hoc analysis in SURMOUNT-1, Diabetes, Obesity and Metabolism, 2025. PMID 40677091, consulté le .
- Kokkinos A. et al., Tirzepatide efficacy and tolerability according to early weight response (SURMOUNT-1 et SURMOUNT-2), Diabetes, Obesity and Metabolism, 2026. PMID 42348366, consulté le .
- Look M. et al., Body composition changes during weight reduction with tirzepatide in the SURMOUNT-1 study, Diabetes, Obesity and Metabolism, 2025. PMID 39996356, consulté le .
- Kreitzman S. N. et al., Glycogen storage: illusions of easy weight loss, excessive weight regain, and distortions in estimates of body composition, American Journal of Clinical Nutrition, 1992. PMID 1615908, consulté le .
- Agence européenne des médicaments, Mounjaro : résumé des caractéristiques du produit. ema.europa.eu, consulté le .
- Eli Lilly, Zepbound (tirzépatide) : notice américaine, DailyMed. dailymed.nlm.nih.gov, consulté le .
Avertissement médical. Cet article a une vocation strictement informative et ne remplace pas un avis médical. Les chiffres cités sont des moyennes d’essais cliniques et ne préjugent pas de votre résultat individuel. Aucun élément de cet article ne constitue une recommandation de dose ni de traitement : toute décision de commencer, de modifier ou d’interrompre un traitement doit être prise avec un médecin ou un pharmacien. Dossier arrêté au 5 octobre 2026.