Tirzépatide chez les adolescents obeses : étude SURMOUNT-Jr

L’étude SURMOUNT-Jr ouvre la voie au traitement de l’obésité sévère chez les adolescents par le tirzépatide, avec des résultats supérieurs a tout traitement existant.

L’obésité pediatrique est une crise de santé publique mondiale. En France, environ 18% des enfants et adolescents sont en surpoids ou obeses, avec des consequences physiques et psychologiques majeures. L’étude SURMOUNT-Jr, presentee a l’ObesityWeek 2024, est le premier essai clinique evaluant le tirzépatide chez les adolescents obeses.

Design de l’étude SURMOUNT-Jr

L’essai a recrute 268 adolescents âges de 12 a 17 ans presentant une obésité (IMC ≥ 95e percentile pour l’âge et le sexe), randomises pour recevoir le tirzépatide (5, 10 ou 15 mg) ou un placebo pendant 72 semaines. Tous les participants beneficiaient d’un programme de modification du mode de vie.

Le critere principal etait le pourcentage de changement de l’IMC a 72 semaines. Les criteres secondaires incluaient le changement de poids, le tour de taille, la pression artérielle et les marqueurs métaboliques.

Résultats impressionnants chez les adolescents

Les résultats sont remarquables et supérieurs a ceux observes chez les adultes en termes de réduction de l’IMC :

  • Tirzépatide 5 mg : réduction de l’IMC de 14,0% (vs +2,4% sous placebo)
  • Tirzépatide 10 mg : réduction de l’IMC de 18,3%
  • Tirzépatide 15 mg : réduction de l’IMC de 20,3%

En termes de poids, la perte moyenne à la dose de 15 mg etait d’environ 16,1%, comparable aux résultats chez les adultes. Cependant, comme les adolescents sont encore en croissance, la réduction de l’IMC est amplifiee par l’augmentation concomitante de la taille.

Profil de tolérance chez les jeûnes patients

Le profil d’effets secondaires chez les adolescents est globalement similaire a celui des adultes, avec quelques specificites :

  • Nausées : 25-30% (transitoires, principalement lors de la titration)
  • Diarrhée : 15-20%
  • Douleurs abdominales : 10-15% (légèrement plus frequentes que chez les adultes)
  • Aucun signal de preoccupation sur la croissance lineaire (taille) ou la maturation osseuse
  • Aucun événement cardiovasculaire grave

Le point rassurant est l’absence d’impact negatif sur la croissance. Les adolescents sous tirzépatide ont continue a grandir normalement, un élément crucial pour l’acceptation de ce traitement en pediatrie.

Implications ethiques et pratiques

Le traitement médicamenteux de l’obésité chez les adolescents souleve des questions ethiques importantes. Les arguments en faveur incluent la gravite des consequences de l’obésité pediatrique (diabète de type 2, NASH, complications orthopediques, dépression) et l’echec fréquent des seules mesures hygieno-diététiques. Les preoccupations portent sur les effets a très long terme (les adolescents traites aujourd’hui pourraient prendre le tirzépatide pendant des decennies), l’impact sur le développement pubertaire et la medicalisation de l’enfance.

Les recommandations actuelles reservent le traitement médicamenteux aux adolescents presentant une obésité sévère (IMC ≥ 35 ou ≥ 120% du 95e percentile) et n’ayant pas repondu a 6 mois de prise en charge comportementale intensive. L’avis d’une équipe pluridisciplinaire (pediatre, endocrinologue, psychologue, diététicien) est indispensable.

Le suivi régulier est encore plus crucial chez les adolescents que chez les adultes. L’application MounjaGO permet un suivi quotidien facilement accessible aux jeûnes patients et a leurs parents.

FAQ : Tirzépatide chez les adolescents

A quel âge peut-on commencer le tirzépatide ?
L’étude SURMOUNT-Jr a inclus des adolescents de 12 a 17 ans. L’autorisation eventuelle concernerait probablement cette tranche d’âge. Aucune donnée n’existe actuellement chez les enfants de moins de 12 ans.

Le tirzépatide affecte-t-il la croissance des adolescents ?
Non, les données de SURMOUNT-Jr ne montrent aucun impact negatif sur la croissance lineaire ou la maturation osseuse. Les adolescents traites ont continue a grandir normalement.

Mounjaro est-il déjà disponible pour les adolescents en France ?
Pas encore. L’autorisation pour les adolescents nécessité une évaluation spécifique par l’EMA et la HAS. La demande d’extension d’indication est en cours et pourrait aboutir en 2026-2027.