Tirzépatide et stéatose hépatique (NASH) : résultats prometteurs

Le tirzépatide pourrait devenir le premier traitement médicamenteux efficace contre la stéatose hépatique non alcoolique (NASH), une maladie touchant des millions de Français.

La stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD), et sa forme evolutive la steatohepatite (NASH), représentent l’une des plus grandes epidemies silencieuses du XXIe siecle. En France, on estime que 18 a 25% de la population adulte est touchee par une forme de NAFLD, ce chiffre atteignant 70% chez les personnes obeses. Le tirzépatide pourrait changer la donne.

Qu’est-ce que la NAFLD/NASH ?

La NAFLD (Non-Alcoholic Fatty Liver Disease) désigné l’accumulation excessive de graisse dans le foie (> 5% du poids hépatique) en l’absence de consommation excessive d’alcool. Lorsque cette accumulation provoque une inflammation et des lesions cellulaires, on parle de NASH (Non-Alcoholic Steatohepatitis). La NASH peut evoluer vers la fibrose, la cirrhose et le cancer du foie.

Jusqu’en 2024, il n’existait aucun traitement médicamenteux approuve pour la NASH. Le resmetirom (Rezdiffra) a ete le premier approuve par la FDA en mars 2024, mais le tirzépatide pourrait offrir une approche complémentaire en ciblant la cause sous-jacente principale : l’obésité et la résistance a l’insuline.

Mecanismes d’action du tirzépatide sur le foie

Le tirzépatide agit sur la stéatose hépatique via plusieurs mécanismes complémentaires :

  • Réduction de la lipogenese de novo : diminution de la fabrication de nouvelles graisses par le foie via l’activation des récepteurs GIP
  • Augmentation de l’oxydation des acides gras : le foie brule davantage de graisses au lieu de les stocker
  • Amélioration de la sensibilite hépatique a l’insuline : reduisant la stimulation de la lipogenese par l’hyperinsulinemie
  • Réduction de l’inflammation hépatique : diminution des cytokines pro-inflammatoires (TNF-alpha, IL-6)
  • Perte de graisse viscerale : réduction de l’apport en acides gras libres au foie via la veine porte

Résultats cliniques sur la stéatose

L’étude de phase 2 SYNERGY-NASH, publiee dans le New England Journal of Medicine en 2024, a évalué le tirzépatide chez 190 patients atteints de NASH confirmee par biopsie. Les résultats a 52 semaines sont impressionnants :

  • Resolution de la NASH (sans aggravation de la fibrose) : 44% a 5 mg, 56% a 10 mg, 62% a 15 mg (vs 10% sous placebo)
  • Amélioration de la fibrose (d’au moins 1 stade) : 43% a 15 mg (vs 26% sous placebo)
  • Réduction du contenu en graisse hépatique (IRM) : réduction relative de 53 a 65% selon la dose
  • Normalisation des transaminases : chez la majorite des patients

Le taux de resolution de la NASH de 62% à la dose de 15 mg est le plus élevé jamais rapporte dans un essai clinique de cette taille. Ces résultats sont supérieurs a ceux du resmetirom (MAESTRO-NASH : 30% de resolution) et du sémaglutide (STEP-NASH : 59%).

Vers une AMM pour la NASH ?

Eli Lilly a lance l’étude de phase 3 SYNERGY-NASH-2, un essai de grande envergure qui pourrait mener à une extension d’indication du tirzépatide pour le traitement de la NASH. Si les résultats confirment la phase 2, une autorisation pourrait être obtenue d’ici 2027-2028.

En attendant, les patients obeses avec une NAFLD/NASH beneficient déjà du tirzépatide prescrit pour l’obésité ou le diabète. La perte de poids seule amélioré considerablement la stéatose, et les mécanismes hépatiques spécifiques du tirzépatide amplifient ce bénéfice.

Le suivi de la fonction hépatique (transaminases, echographie) est recommandé pour tout patient obese sous tirzépatide. L’application MounjaGO vous permet de noter vos résultats biologiques et de suivre leur évolution dans le temps.

FAQ : Tirzépatide et stéatose hépatique

Comment savoir si j’ai une stéatose hépatique ?
La stéatose est souvent decouverte fortuitement lors d’une echographie abdominale ou d’un bilan sanguin montrant des transaminases élevées. Le FibroScan et le score FIB-4 permettent d’évaluer la sévérité sans biopsie. Parlez-en à votre médecin si vous etes obese.

Le tirzépatide est-il contre-indique en cas de maladie du foie ?
Non, au contraire. Le tirzépatide amélioré la stéatose hépatique. Il est cependant contre-indique en cas de cirrhose decompensee ou d’insuffisance hépatique sévère. Votre médecin evaluera au cas par cas.

Combien de temps faut-il pour améliorer la stéatose sous tirzépatide ?
Les premières ameliorations biologiques (transaminases) sont visibles des 12 a 16 semaines. La réduction significative du contenu en graisse hépatique est documentee à partir de 24 semaines. La resolution histologique de la NASH prend généralement 6 a 12 mois.