Sous Mounjaro à 1 an, vous lirez −20,9 %, −15,3 % ou −8,7 % selon la source consultée. Les trois chiffres sont exacts. Ce qui les sépare n’est ni la molécule ni la dose : c’est qui on compte. Le premier vient d’un essai clinique où les participants sont titrés au protocole et suivis de près. Le deuxième vient de la vie réelle, mesuré chez les patients encore sous traitement au bout d’un an. Le troisième distingue ceux qui ont poursuivi de ceux qui ont arrêté. Cet article vous dit lequel vous concerne, pourquoi ils divergent autant, et pourquoi le facteur le plus déterminant du résultat après un an de Mounjaro n’est pas celui qu’on met en avant.
Combien perd-on sous Mounjaro à 1 an ?
En vie réelle, chez les patients encore sous traitement au bout d’un an, la perte moyenne est de 15,3 % du poids initial. Dans l’essai SURMOUNT-1, elle atteignait 20,9 %. L’écart tient à la population mesurée, pas à une différence d’efficacité de la molécule.
Voici les trois lectures côte à côte, avec ce que chacune mesure réellement.
| Source | Population mesurée | Perte à 1 an |
|---|---|---|
| SURMOUNT-1 (essai clinique) | patients titrés au protocole, suivi rapproché | −20,9 % |
| Rodriguez et al., JAMA Intern Med 2024 (vie réelle) | patients encore sous traitement à 1 an | −15,3 % |
| Gasoyan et al., Obesity 2025 — cohorte mixte sémaglutide et tirzépatide | selon poursuite, arrêt tardif ou arrêt précoce | −8,7 % / −6,8 % / −3,6 % |
Deux précisions s’imposent sur la dernière ligne, parce qu’elle est très souvent mal citée. Les 8,7 % correspondent aux patients qui n’ont pas arrêté leur traitement, et non à l’ensemble de ceux qui l’ont commencé. Et la cohorte de Gasoyan regroupe sémaglutide et tirzépatide : ce n’est pas un chiffre « Mounjaro ». Elle provient en outre d’un seul système de soins, ce qui contribue à expliquer qu’elle soit plus basse que l’étude de vie réelle publiée dans JAMA Internal Medicine.
Si vous êtes en cours de traitement et que vous cherchez un repère plus proche, nous avons publié le point d’étape à 6 mois, qui décrit la trajectoire intermédiaire.
En kilos, que donne 1 an de Mounjaro ?
Sur la base des 15,3 % de la vie réelle, voici ce que représente une année de Mounjaro selon le poids de départ. Ce sont des moyennes de population, pas des résultats individuels garantis.
| Poids de départ | Perte après 1 an de Mounjaro (environ −15,3 %) |
|---|---|
| 80 kg | environ 12 kg |
| 90 kg | environ 14 kg |
| 100 kg | environ 15 kg |
| 110 kg | environ 17 kg |
Pour situer votre propre point de départ, vous pouvez calculer votre IMC et votre projection de perte de poids.
Mounjaro : pourquoi l’essai donne plus que la vie réelle
Trois différences structurelles expliquent l’écart de plus de 5 points entre l’essai et la pratique courante, et aucune ne tient à la molécule elle-même. La titration y est menée au protocole jusqu’aux doses hautes, quand elle s’arrête souvent plus bas en vie réelle. Le suivi médical est rapproché, avec des rendez-vous programmés que la vraie vie n’offre pas toujours. Et les participants sont sélectionnés sur des critères d’inclusion qui excluent une partie des situations rencontrées en consultation.
Le chiffre de 20,9 % provient de SURMOUNT-1, publié dans le New England Journal of Medicine, à la dose de 15 mg sur 72 semaines et selon l’estimand de traitement. Nous ne redéroulons pas ici le protocole des essais : le détail des résultats des études cliniques fait l’objet d’un article dédié.
Ce que change le fait d’arrêter le Mounjaro en cours d’année
C’est le facteur le plus déterminant, et le moins commenté. Chez Gasoyan, la perte à 1 an passe de 8,7 % chez ceux qui poursuivent à 6,8 % en cas d’arrêt tardif, et à 3,6 % en cas d’arrêt précoce. L’écart entre rester sous traitement et arrêter tôt est donc plus large que l’écart mesuré entre deux molécules concurrentes.
Autrement dit, la question utile après un an de Mounjaro n’est pas seulement « combien perd-on ? » mais « qu’est-ce qui fait qu’on est encore là au bout d’un an ? ». Un article qui ne parlerait que d’efficacité passerait à côté du facteur dominant.
Un point de méthode et de ton, qui compte au moins autant que le chiffre. Les motifs d’arrêt documentés sont majoritairement structurels : intolérance digestive, coût du traitement, ruptures d’approvisionnement, difficulté d’accès à un prescripteur ou à un renouvellement. Ce ne sont pas des défauts de volonté. Présenter l’arrêt comme un manque de motivation est à la fois faux au regard des données et contre-productif : cela décourage précisément les personnes qui auraient besoin d’en parler à leur médecin. Ces résultats proviennent des travaux de Gasoyan publiés dans Obesity, sur une cohorte de 7 881 patients regroupant sémaglutide et tirzépatide.
Ce qui pèse sur le résultat après 1 an de Mounjaro
Trois facteurs ressortent des données disponibles. Ils ne sont pas classés par ordre d’importance : les études ne permettent pas de les hiérarchiser.
La continuité du traitement. C’est ce que quantifie Gasoyan, et l’écart est du simple au double entre poursuite et arrêt précoce. C’est aussi le facteur sur lequel une consultation peut le plus agir, puisque la plupart des motifs d’arrêt — tolérance, coût, approvisionnement — se travaillent avec un médecin plutôt que seule.
La dose atteinte au cours de l’année. L’écart entre l’essai et la vie réelle s’explique largement par là : les protocoles d’essai mènent la titration jusqu’aux doses hautes, ce qui n’est pas le cas de tous les parcours réels. Savoir où en est votre propre titration est un élément d’interprétation de votre courbe, et une question à poser en consultation plutôt qu’une décision à prendre seule.
L’HbA1c initiale, pour les patients diabétiques. Chez les personnes vivant avec un diabète de type 2, l’équilibre glycémique de départ pèse sur la perte de poids obtenue. Une patiente diabétique qui se compare aux chiffres publiés pour des populations non diabétiques se compare à une population qui n’est pas la sienne.
Et après 1 an de Mounjaro ?
La perte de poids se poursuit au-delà de la première année, à un rythme nettement ralenti par rapport aux premiers mois. Deux questions apparaissent alors, que cet article ne traite volontairement pas : celle de la durée du traitement, et celle du maintien du poids si le traitement est interrompu. Ce sont deux sujets à part entière, avec leurs propres données, et ils font l’objet d’articles dédiés. Ils se discutent de toute façon avec votre médecin, en fonction de votre résultat et de votre situation.
Questions fréquentes
Combien de kilos perd-on sous Mounjaro en 1 an ?
Environ 12 à 17 kg selon le poids de départ, sur la base des 15,3 % observés en vie réelle chez les patients encore sous traitement au bout d’un an (Rodriguez et al., JAMA Internal Medicine, 2024, sur 18 386 patients appariés). Pour un départ à 90 kg, cela représente environ 14 kg. Il s’agit d’une moyenne de population, pas d’un résultat individuel garanti.
Pourquoi les chiffres du Mounjaro varient-ils autant selon les sources ?
Parce qu’ils ne comptent pas les mêmes personnes. L’essai clinique mesure des participants titrés au protocole et suivis de près, ce qui donne 20,9 %. La vie réelle mesure les patients encore sous traitement à 1 an, soit 15,3 %. Les travaux de Gasoyan distinguent quant à eux les patients selon qu’ils ont poursuivi ou arrêté. Aucun de ces chiffres n’est faux ; ils répondent à des questions différentes.
Que se passe-t-il si on arrête le Mounjaro avant 1 an ?
Chez Gasoyan, la perte à 1 an est de 8,7 % chez ceux qui poursuivent, 6,8 % en cas d’arrêt tardif et 3,6 % en cas d’arrêt précoce — sur une cohorte qui regroupe sémaglutide et tirzépatide. Les motifs d’arrêt sont majoritairement structurels : tolérance, coût, approvisionnement, accès au prescripteur. Si vous envisagez d’arrêter, c’est une conversation à avoir avec votre médecin, qui dispose souvent de leviers.
Perd-on encore du poids après la première année ?
Oui, mais à un rythme nettement ralenti par rapport aux premiers mois. Les questions de durée de traitement et de maintien du poids après un arrêt relèvent d’autres données que celles présentées ici et se décident avec votre médecin.
Faut-il avoir atteint la dose maximale pour obtenir ces résultats ?
Le chiffre de 20,9 % de SURMOUNT-1 correspond à la dose de 15 mg. Celui de 15,3 % en vie réelle recouvre des patients à des doses variées, ce qui explique une partie de l’écart. La dose atteinte compte, mais elle n’est pas le seul facteur, et le niveau de dose adapté à votre situation relève de votre prescripteur.
Avertissement médical. Cet article a une vocation strictement informative et ne remplace pas un avis médical. Les chiffres cités sont des moyennes de population issues d’études publiées ; ils ne préjugent pas de votre résultat individuel. Aucun élément de cet article ne constitue une recommandation de dose ou une conduite à tenir : toute décision de commencer, de poursuivre ou d’interrompre un traitement doit être prise avec un professionnel de santé. Dossier arrêté au 1er août 2026.
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