Mounjaro à 6 mois : −10 % en moyenne, et pourquoi votre courbe ralentit

Sous Mounjaro à 6 mois, la perte de poids moyenne est de 10,1 % du poids initial en vie réelle, soit environ 8 à 11 kg selon le poids de départ (Rodriguez et al., JAMA Internal Medicine, 2024, sur 18 386 patients appariés). Si votre balance ne bouge presque plus en ce moment, voici ce que disent les données avant d’en tirer la mauvaise conclusion : le ralentissement du sixième mois est attendu, il est même arithmétique, et à ce stade vous avez déjà réalisé les deux tiers de ce que produit une première année de traitement. Cet article vous donne un repère chiffré honnête, l’explication du ralentissement, et les trois questions à poser à votre médecin avant de conclure que le Mounjaro ne fonctionne plus.

Combien de kilos perd-on avec Mounjaro à 6 mois ?

La référence honnête est de 10,1 % du poids initial, soit environ 9 kg pour un départ à 90 kg. Ce chiffre vient d’une étude de vie réelle, c’est-à-dire d’une analyse des dossiers de patients suivis en pratique courante, et non d’un essai clinique. Il est plus bas que celui des essais, et l’écart s’explique en grande partie par la dose de Mounjaro atteinte.

Une précision méthodologique qui change la lecture : ces chiffres sont dits on-treatment. Ils portent sur les patients encore sous Mounjaro au moment de la mesure et ne comptent pas ceux qui ont arrêté en cours de route. C’est ce qui les rend interprétables — et c’est aussi ce qui explique qu’ils ne décrivent pas le parcours de tout le monde.

Horizon Perte moyenne sous Mounjaro (vie réelle, on-treatment)
3 mois −5,9 %
6 mois −10,1 %
12 mois −15,3 %

Source : Rodriguez et al., JAMA Internal Medicine, 2024, n = 18 386 patients appariés. En pourcentage, un chiffre reste abstrait ; voici la conversion en kilos, obtenue en appliquant les 10,1 % à différents poids de départ.

Poids de départ Perte moyenne à 6 mois
80 kg environ 8 kg
90 kg environ 9 kg
100 kg environ 10 kg
110 kg environ 11 kg

Ce sont des moyennes de population, pas des promesses individuelles. Le poids de départ n’est pas le seul repère utile : vous pouvez calculer votre IMC et votre projection de perte de poids, l’IMC intervenant plus loin dans la question du plateau.

Combien de patientes atteignent 10 % ou 15 % ?

Une étude publiée dans le Journal of Endocrinological Investigation en 2025, portant sur des patients sans diabète traités par Zepbound — la même molécule que le Mounjaro, le tirzépatide, commercialisée sous une seconde marque dans certains pays — donne une perte moyenne de 11,15 % à six mois. Dans cette population, 59 % des patients atteignent au moins 10 % de perte de poids et 31,2 % atteignent au moins 15 %.

L’envers de ces chiffres est ce que vous avez sans doute besoin de lire : environ 4 patients sur 10 n’atteignent pas 10 % à six mois, et 7 sur 10 n’atteignent pas 15 %. Ce n’est pas une anomalie, c’est la distribution normale d’un traitement dont on ne publie habituellement que la moyenne.

Pourquoi votre chiffre est plus bas que celui des essais

Dans l’essai SURMOUNT-1, publié dans le New England Journal of Medicine, la perte de poids atteint environ 14 % à 24 semaines, le point publié le plus proche étant de −12,5 % à la semaine 20 (EPAR du Mounjaro à l’Agence européenne des médicaments et documentation FDA). Contre 10,1 % en vie réelle au même horizon : un écart d’environ 4 points. Cet écart n’est pas biologique. Il tient très largement à la dose atteinte.

Essai clinique (SURMOUNT-1) Vie réelle (Rodriguez et al.)
Horizon 24 semaines 6 mois
Perte moyenne environ −14 % −10,1 %
Dose de Mounjaro titrée selon le protocole vers 10 ou 15 mg 42,4 % des patients à 10 mg ou plus
Population sélectionnée, suivi rapproché patients suivis en pratique courante

Nous ne redéroulons pas ici le protocole des essais : si vous voulez le détail des résultats des études cliniques, il est traité dans un article dédié.

Pourquoi la courbe du Mounjaro ralentit au 6e mois

La perte de poids sous Mounjaro n’est pas linéaire : elle est frontale. Le rythme mensuel est maximal dans les trois premiers mois, puis se réduit régulièrement. Au second semestre, il ne représente plus que 44 % du rythme initial. Le ralentissement n’est donc pas un signe de dysfonctionnement, c’est la forme de la courbe.

Période Points de pourcentage gagnés Rythme mensuel moyen
Mois 0 à 3 5,9 points environ 1,97 point par mois
Mois 3 à 6 4,2 points environ 1,40 point par mois
Mois 6 à 12 5,2 points environ 0,87 point par mois

Ces rythmes sont calculés à partir de la trajectoire de Rodriguez et al. ci-dessus.

Les deux tiers du chemin sont déjà faits

À six mois, vous êtes à 10,1 % sur les 15,3 % que produit l’année complète, soit 66 % du résultat à douze mois déjà acquis. C’est le point que la balance ne vous dit pas. En suivant votre rythme hebdomadaire, qui a effectivement été divisé par deux, vous mesurez la dérivée de votre courbe au lieu de son cumul — et le cumul, lui, est en avance sur toute projection linéaire que vous auriez faite au premier mois. Passé le troisième mois, le rythme hebdomadaire cesse d’être un indicateur utile de réussite.

Ce qu’il reste devant

L’honnêteté doit être symétrique. Si les deux tiers sont faits, cela veut dire qu’il reste environ 5 points sur les six mois suivants, pas 10. Quelqu’un qui projette linéairement se trompe deux fois : d’abord en se croyant en retard à six mois, ensuite en surestimant ce que produira le second semestre. Les deux erreurs sont fréquentes et elles se corrigent avec le même tableau.

Le plateau du 6e mois : normal ou signal ?

Un plateau au sixième mois de Mounjaro est le scénario attendu, pas l’exception. Les travaux de Horn et al. publiés dans Clinical Obesity en 2025 situent la médiane du plateau — le moment où la perte de poids s’aplatit durablement — entre 24 et 36 semaines selon l’IMC de départ. Soit entre 5,5 et 8 mois.

À 6 mois, on n’est pas avant le plateau : on est dedans

C’est probablement le fait le plus utile de cet article. Le sixième mois tombe à l’intérieur de la fenêtre où le palier survient statistiquement pour la moitié des patients. Constater que la balance ralentit à ce moment précis n’est pas l’indice d’un échec personnel : c’est l’observation de ce que la recherche décrit comme le déroulement ordinaire du traitement.

Ce qui distingue un palier d’un vrai arrêt

Plusieurs éléments permettent de décrire une situation à son médecin, sans qu’aucun ne suffise à trancher seul : la durée réelle de la stagnation, la dose de Mounjaro atteinte à ce jour, la tolérance au traitement, et l’évolution des mesures autres que la balance — tour de taille, tenue des vêtements, énergie au quotidien. La sortie de cette section est une consultation, pas une décision prise seule devant un article.

La dose de Mounjaro : le premier suspect

Avant de conclure que la molécule ne fonctionne pas sur vous, la première question à poser est celle de la dose. En vie réelle, seuls 42,4 % des patients ont atteint 10 mg ou plus à six mois. Autrement dit, près de six patients sur dix sont encore en dessous de la dose à laquelle les chiffres publiés ont été obtenus.

Ce que ce chiffre implique concrètement

Si vous vous comparez à une moyenne produite à 10 ou 15 mg alors que vous êtes à 5 mg, vous ne comparez pas la même chose. La titration — la montée progressive de la dose au fil des semaines — fait partie du traitement, et le point où elle s’est arrêtée est une information de premier ordre pour interpréter votre courbe. Ce constat est une information à porter en consultation ; il ne constitue en aucun cas une invitation à modifier une dose de votre propre initiative.

Pourquoi la titration décroche en vie réelle

Plusieurs facteurs sont en cause, sans qu’il soit possible de les hiérarchiser car leur poids varie fortement d’un pays à l’autre : la tolérance digestive, qui conduit à rester plus longtemps à une dose donnée ; les ruptures d’approvisionnement, qui imposent parfois de revenir en arrière ; le coût, quand le traitement n’est pas pris en charge — vous pouvez comparer le prix du Mounjaro et son remboursement dosage par dosage ; et le rythme des consultations de suivi, qui conditionne le moment où la dose peut être réévaluée.

Les trois questions à poser en consultation.

  • À quelle dose de Mounjaro suis-je aujourd’hui, et depuis combien de temps ?
  • Cette dose est-elle appelée à monter, et selon quel calendrier ?
  • Ce que j’observe sur la balance correspond-il à ce qui est attendu à ce stade du traitement ?

Diabète de type 2 : une trajectoire différente

Si vous vivez avec un diabète de type 2, les chiffres ci-dessus ne décrivent pas votre situation. La perte de poids sous Mounjaro dépend fortement de l’HbA1c de départ, c’est-à-dire de l’hémoglobine glyquée, le marqueur qui reflète l’équilibre du diabète sur les trois derniers mois. Les données disponibles donnent −17,7 % lorsque l’HbA1c initiale est inférieure à 7 % et −9,0 % lorsqu’elle atteint 9 % ou plus. Presque du simple au double.

Une patiente diabétique dont l’équilibre glycémique est dégradé et qui se compare aux chiffres de perte de poids publiés se compare donc à une population qui n’est pas la sienne. Ce recalibrage est rarement écrit, et il évite une déception qui n’a pas lieu d’être.

Ce qu’il faut retenir

  • La référence sous Mounjaro à 6 mois est de −10,1 % en vie réelle, soit environ 8 à 11 kg selon le poids de départ (Rodriguez et al., JAMA Intern Med 2024, n = 18 386 appariés, analyse on-treatment).
  • Le rythme mensuel passe d’environ 1,97 point les trois premiers mois à environ 0,87 point au second semestre, soit 44 % du rythme initial. La perte est frontale par nature.
  • À six mois, 66 % du résultat à douze mois est déjà acquis — et il reste environ 5 points sur les six mois suivants, pas 10.
  • Sur Zepbound sans diabète, 59 % des patients dépassent 10 % de perte à six mois et 31,2 % dépassent 15 % : soit environ 4 sur 10 qui n’atteignent pas 10 %, sans que ce soit une anomalie (Journal of Endocrinological Investigation, 2025).
  • La médiane du plateau se situe entre 24 et 36 semaines selon l’IMC de départ (Horn et al., Clinical Obesity 2025) : au sixième mois, on est dedans, pas avant.
  • Seuls 42,4 % des patients ont atteint 10 mg ou plus à six mois en vie réelle, contre une titration au protocole vers 10 ou 15 mg dans les essais. C’est la première explication de l’écart d’environ 4 points avec SURMOUNT-1.

Questions fréquentes

Combien de kilos perd-on avec Mounjaro 6 mois après le début du traitement ?

Environ 8 à 11 kg selon le poids de départ, ce qui correspond à la perte moyenne de 10,1 % observée en vie réelle chez 18 386 patients appariés (Rodriguez et al., JAMA Internal Medicine, 2024). Pour un départ à 90 kg, cela représente environ 9 kg. Il s’agit d’une moyenne de population et non d’un résultat individuel garanti.

Est-ce normal que la perte de poids ralentisse au bout de 6 mois de Mounjaro ?

Oui. Le rythme mensuel moyen passe d’environ 1,97 point de pourcentage sur les trois premiers mois à environ 1,40 point entre le troisième et le sixième, puis à environ 0,87 point au second semestre. Par ailleurs, la médiane du plateau se situe entre 24 et 36 semaines selon l’IMC de départ (Horn et al., Clinical Obesity, 2025), ce qui place le sixième mois à l’intérieur de la fenêtre où le palier est attendu.

Pourquoi ai-je perdu moins que les chiffres annoncés ?

La première explication à examiner est la dose de Mounjaro. En vie réelle, 42,4 % seulement des patients ont atteint 10 mg ou plus à six mois, alors que les essais titrent au protocole vers 10 ou 15 mg. L’écart entre SURMOUNT-1 (environ −14 % à 24 semaines) et la vie réelle (−10,1 %) est d’environ 4 points, et il s’explique largement par là. C’est une question à poser à votre médecin, pas une raison d’ajuster quoi que ce soit vous-même.

Faut-il arrêter le Mounjaro quand la balance stagne ?

Cette décision appartient à votre médecin. Ce que montrent les données, c’est qu’une stagnation au sixième mois survient au moment où il reste encore environ 5 points de perte à venir sur les six mois suivants, et souvent avant que la dose des essais n’ait été atteinte. Arrêter à ce moment précis revient donc fréquemment à interrompre un traitement qui n’a pas encore produit tout son effet.

Avertissement médical. Cet article a une vocation strictement informative et ne remplace pas un avis médical. Les chiffres cités sont des moyennes de population issues d’études publiées ; ils ne préjugent pas de votre résultat individuel. Aucun élément de cet article ne constitue une recommandation de dose, un calendrier de titration ou une conduite à tenir : toute décision de commencer, de modifier, de poursuivre ou d’interrompre un traitement doit être prise avec un professionnel de santé. Dossier arrêté au 1er août 2026.

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